La fontaine Na Pincarda
XVe siècle
Attestée dès 1411, cette fontaine dotée d’une cuve de marbre et reliée à une citerne doit son nom à la famille Pincard, qui était probablement propriétaire de la maison à laquelle elle est adossée. Deux inscriptions lapidaires sont insérées dans le mur qui la surmonte, aux côtés de deux anciens œils d’écoulement : la première indique qu’une réfection fut menée en 1456, tandis que la seconde, datée de 1431 et décorée d’une croix pattée, atteste des liens qui existait entre la fontaine et l’ancien hôpital installé à côté de l’église Saint-Jean-le-Vieux entre 1116 et 1809. Il ne reste plus rien de cet édifice, détruit durant les années 1920 pour laisser place à la rue Bartissol. Le mascaron à tête de lion permettant l’écoulement de l’eau est moderne.
Un plan schématique du début du XVIe, recopié et mis à jour en 1633 par le notaire Grégoire Prats, permet de mieux comprendre l’acheminement de l’eau à l’époque dans ce secteur de la ville. L’eau était captée au puits de la Colomine, qui se situait près de l’ancienne porte de Canet et de l’actuelle place Cassanyes, puis était acheminée en souterrain par des conduites en céramique vers la fontaine Neuve, la fontaine Na Pincarda et enfin la fontaine de l’Hôpital. Ce réseau était probablement également connecté à la fontaine des Carmes, enfouie sous le couvent du même nom, et alimenté en eau de pluie par des déversoirs secondaires situés sous l’actuelle rue de la Révolution Française et au niveau du parvis de la cathédrale.