L'abbaye de l'île Barbe
XIe-XXe siècles
L'île Barbe, située sur la Saône en amont de Lyon, doit son nom au latin barbara, sauvage. Sa plus grande partie, généralement inaccessible au public, est occupée par les vestiges d'une abbaye dont les origines remontent au moins au Ve siècle. Pillée aux VIe puis VIIe siècles, elle connût ensuite deux grandes périodes de prospérité pendant l'époque carolingienne puis, après un nouveau pillage par les Hongrois en 937, aux XIe et XIIe siècles. Durant cette dernière période, l'abbaye, qui possédait de nombreuses possessions, fut en grande partie reconstruite. Un déclin progressif s'engagea par la suite, notamment marqué par les destructions dûes aux guerres de Religion, en 1562.
L'abbaye était protégée par une enceinte dôtée de deux portes : la porte Notre-Dame, aujourd'hui détruite, et la porte Saint-André, qui existe toujours. L'église principale, dont il ne subsiste quasiment rien, était placée sous le vocable de Saint-Martin-et-Saint-Loup et adossée à un cloître. Non loin de là, l'ancien réfectoire a conservé son portail roman, même si son décor sculpté est aujourd'hui devenu peu lisible. L'église Notre-Dame, en meilleur état, conserve son clocher, son abside décorée de vestiges de peintures murales, ainsi qu'une galerie attenante ornée de chapiteaux romans et postérieurement voûtée d'ogives. Sa nef fut par contre détruite au XIXe siècle. L'île est dominée par un édifice fortifié, le Châtelard, en grande partie reconstruit aux XVIe et XVIIe siècle, mais qui conserve en son sein la chapelle Sainte-Marie-Madeleine, décorée de fresques du XIIe siècle. Parmi les autres bâtiments, on peut noter les vestiges fortement remaniés du prieuré Saint-Anne à la pointe orientale de l'île ou la Prévôté, du XVIIe siècle, près de l'église Notre-Dame.
Étienne Martellange
«Vue de Notre-Dame de l'île Barbe»
1608
«Vue d'une église à l'île Barbe»
XVIIe siècle
Étienne Martellange
«Vue de Notre-Dame de l'île»
1609
Étienne Martellange
«Vue de l'abbaye de Notre-Dame de l'île Barbe»
1618