L'aqueduc d'Ansignan
Lʼaqueduc dʼAnsignan est un pont-aqueduc dʼorigine gallo-romaine situé dans le Fenouillèdes. Mesurant 170 mètres de long et constitué de 29 arches de taille variable construites en briques et en pierres, il supporte un canal et, dans sa portion franchissant lʼAgly, un passage destiné aux piétons et aux véhicules.
Les origines de lʼouvrage semblent remonter au IIIe siècle de notre ère. La Narbonnaise (pourtour méditerranéen de la Gaule) était alors occupée par les romains depuis la fin du IIe siècle avant Jésus-Christ et ce jusquʼau début du VIe siècle après Jésus-Christ. Le nom dʼAnsignan, qui proviendrait dʼun propriétaire terrien nommé Ansinius, et la découverte sur place dʼun denier romain du Ier siècle avant Jésus-Christ confirment la présence de lʼoccupant. Depuis, lʼouvrage a toutefois été remanié à plusieurs reprises.
Les raisons qui ont motivé la construction de lʼaqueduc restent assez mystérieuse en lʼabsence dʼagglomération dans le secteur à lʼépoque. Toutefois, on suppose quʼil était destiné à lʼusage dʼune villa gallo-romaine ou à lʼirrigation de cultures voire, selon certains, à une industrie métallurgique. La position du captage antique est également inconnue. De nos jours, un canal prenant sa source environ 1 kilomètre en amont continue dʼemprunter lʼouvrage.
L’hétérogénéité de l’édifice, visible notamment par la diversité des formes et hauteurs des arches mais aussi des matériaux de construction montre que la construction de l’ouvrage fut progressive ou tout du moins qu’il a été fortement remanié.
On distingue en effet trois portions présentant des caractéristiques différentes : le pont sur l’Agly, la courte portion en rive droite et la plus longue en rive gauche, qui se démarque par une largeur différente. Les historiens sont partagés pour l’identification de la partie la plus ancienne. Certains pensent en effet qu’il existait un pont préexistant, qui a servi de base à l’aqueduc. D’autres, se basant sur les traces d’arches aujourd'hui disparues, pensent que le pont sur l’Agly, détruit par une crue, a du être reconstruit au XIIe ou au XIIIe siècle.
Enfin, une légende raconte que les plans de l’aqueduc proviendraient de ceux de l’aqueduc qui alimentait les jardins suspendus de Babylone. Ils auraient soi-disant été ramenés des croisades à la fin du Xe siècle de notre ère, d’où une forte contradiction avec la datation de l’ouvrage.