Eaux chaudes
Les sources d’eau chaude sont des résurgences d’eau de température supérieure à 22°C. Elles existent lorsqu’un courant d’eau rentre en profondeur dans la Terre puis remonte à la surface. C’est ce que l’on appelle la géothermie.
Le film : Les aventures de John Duff - À la conquête de l’eau de là !
La découverte d’un symbole gravé dans la pierre va entraîner John Duff dans une folle course-poursuite pour la découverte de la fontaine de Jouvence... Au cours de cette chasse au trésor parsemée d’embûches et de découvertes, John va notamment visiter trois sites liés à l’eau du département des Pyrénées-Orientales : des bains chauds, un barrage et un pont-aqueduc...
La géothermie
La source du Par à Chaudes-Aigues (82°C)
Deux types d’eaux chaudes sont dues à la géothermie, la première apparaît lorsque l’eau est directement en contact avec un magma, elle ressort alors très violemment à la surface sous forme de geysers ou de bains bouillonnants dont la température avoisine les 100°. Ce type de source existe uniquement dans des régions à fort volcanisme (comme la côte ouest des États-Unis).
Le second type de source est causé par la rencontre entre un courant d’eau chaude (environ 80°C) et un courant d’eau froide. Ces deux courants, lorsqu’ils se rencontrent et remontent en surface donnent les sources thermales que nous connaissons et qui sont très présentes dans les Pyrénées-Orientales (bains de Saint-Thomas, de Llo, de Dorres...).
L'eau chaude apprivoisée
Thermes antiques à Vaison-la-Romaine
Dès le Ve siècle avant J.C., les grecs mettent en place l’utilisation des thermes. Cette idée est très vite reprise par les romains, qui vont en améliorer le concept en créant des aqueducs et en instaurant un «système». Les romains commençaient par respirer les vapeurs de l’eau, puis prenaient un bain d’eau chaude (38°C) puis se plongeaient dans un bain d’eau froide (environ 14°C). Le reste des activités consistait en des massages aquatiques.
C’est au Moyen-Âge qu’apparaît la notion de thermalisme et de médecine thermale mais les premiers signes provenaient encore de la civilisation romaine. Les romains vouaient à l’eau un véritable culte et construisaient pour cela des monuments colossaux comme des aqueducs mais aussi des fontaines et bien sûr des thermes. Ces derniers étaient utilisés pour les blessés de guerre mais aussi pour les grands malades (lépreux) qui se soignaient par vasodilatation et vasoconstriction (agrandissement puis réduction du diamètre des vaisseaux sanguins.
Les thermes sont aussi durant l’Antiquité un grand lieu social, avec une capacité allant d’une dizaine de personnes jusqu’à un millier pour les plus grands. Les thermes deviennent des lieux de rencontre dans les grandes villes et ils reflètent la puissance, la richesse et l’influence de chaque ville qui en possède.
Le thermalisme de nos jours
Les bains de Llo, dans les Pyrénées-Orientales
De nos jours, on compte en France plus de 115 établissements utilisant l’eau thermale.
En 1950, la sécurité sociale a commencé à rembourser les soins thermaux. L’eau est d’abord contrôlée par un corps médical qui s’assure qu’il n’y a aucun agent pathogène puis le centre peut ouvrir ses portes au public en proposant une cure thermale. Près de 500 000 français suivent une cure thermale chaque année, ce qui favorise fortement l’économie environnant les institutions thermales. Les cures sont pour plus de 75% des cas prescrites à des personnes souffrant de rhumatismes.
Cependant, les bains d’eau chaude naturelle sont maintenant devenus ouverts à un plus large public. De plus en plus de touristes vont maintenant dans des sources d’eau chaude naturelle pour un besoin de relaxation et de plus en plus pour changer leur cadre de vie puisque la plupart des sources sont situées en milieu montagneux, ce qui permet un éloignement non négligeable de la vie urbaine.
Le département des Pyrénées-Orientales est riche en sources d’eau chaude, ainsi qu’en centres d’exploitation. Saint-Thomas-les-Bains, Llo, Vernet-les-Bains et Amélie-les-Bains sont les principaux centres thermaux du département. Ils proposent autant des cures que des moments de relaxation ponctuels.
Ces sites n’utilisent pas les même sources d’eau à la même altitude, ce qui explique les différences de température et de qualité de l’eau suivant les établissements. Dans notre département, l’eau est réputée car chargée en minéraux, du calcium jusqu’au lithium ; en effet, l’eau thermale a comme grande qualité de se charger fortement en minéraux lors de son passage sous terre. Les eaux du département sont dites sulfurées, c’est à dire qu’elle font parties d’une des cinq grandes familles d’eaux thermales (bicarbonatées, sulfatées, sulfurées, chlorurées, oligo-métalliques faiblement minéralisées).